Google et sa Linkwheel fiscale, mise à jour du Pagebank

Pour ce billet un peu spécial je commencerai par remercier Loïc Hélias (son site qui a besoin d’un peu de sous optimisation), mais surtout une jeune infographiste de talent, Phoebe Chopin et son studio graphique Sans Crea.

Si d’aventure la mouche vous piquait de citer cette infographie (après le texte), ce serait très aimable de votre part de faire un lien non vers mon site (on s’en fout) mais vers celui de Phoebe sur « studio graphique » par exemple…

Les présentations étant faites, commençons à tailler la bavette fiscalo-seo de Google.

Google: « Il est possible de gagner de l’argent sans vendre son âme au diable »

La fiscalité est un domaine éminemment complexe. Voici donc un petit exercice de vulgarisation à l’attention des SEO’s qui sont plus à l’aise avec le vocabulaire des SERPs.

Le  Search Taxation Optimization et la manipulation du Pagebank

Pour comprendre ce qui est reproché à la société Google, première régie publicitaire au monde, il suffit de transposer son optimisation fiscale en optimisation SEO. Ce qui donne le STO, Search Taxation Optimization, une forme évoluée de reverse engineering fiscal.

En matière d’évasion optimisation fiscale, Google jouit d’une forte autorité avec un « Pagebank » de 9/10. Ce PB 9 est le fruit d’une linkwheel fiscale remarquable, un réseau de monétisation mondial fondé sur le template Double Irish Dutch Sandwich.

N’ayons pas peur des mots, c’est du grand Black Hat fiscal. Link Fisc Evolution est un outil puissant, mais attention à ne pas cramer les plans.

En effet pour le fisc, Google est passé maître dans l’art du Black Hat fiscal. D’après le Canard Enchainé, le fisc serait prêt à redresser Google à hauteur d’1,7 milliards €. L’affaire fait suite au fait que Google vient d’être débouté de sa demande d’annulation des différentes perquisitions ; l’administration fiscale n’ayant exploité aucune faille XSS dans la compta de Google.

Après avoir mis en garde Google des risques de pénalité manuelle via leur plateforme Bercy Fisc Mastertool, les quality raters du fisc ont blacklisté Google de son index primaire, qui contient les sociétés respectueuses des Guidelines de Bercy.

La Linkwheel fiscale de Google

Le fisc a ainsi dévoilé un vaste réseau de spam et autres sites satellites qui capte du trafic imposable pour le rapatrier vers son money site au Bermudes. C’est cette tentative de manipulation du Pagebank pour optimiser ses positions sur les marchés financiers qui est aujourd’hui pointée du doigt.

Petit à petit, la linkwheel fiscale de Google apparaît  Ainsi nous avons une page satellite hyper stuffée qui est la SARL Google France. Un site faible en contenus originaux mais jouissant d’un EMD, (attention au filtre du 27/09), et blindé de liens qui rapportent un max sur le fr. Il suffit ensuite de faire script pour automatiser et générer des sociétés à la volée dans les autres pays afin d’étendre le réseau (attention à ne pas les linker entre eux, chacun doit rester indépendant).

La SARL Google France  fait ainsi des liens d’affiliation vers une page de niveau supérieur du nom de Google Ireland Limited. C’est comme ça que la SARL Google France paie 5 millions d’impôt en France pour un CA estimé entre 1,2 et 1,4 milliards en 2011. Sauf que l’équipe anti-spam de l’Etat français est sur le coup, elle a repéré les bénéfices en display none dans le code source.

La page Google Ireland Limited est cloackée sur un IP delivery assez malin, car en tant que sous domaine de Google Ireland Holdings, elle vend un lien optimisé en homepage vers Netherlands Holdings BV pour faire tourner son Pagebank, tout en retournant des infos normales au User-Agent  Fisc/1.0 et ses IP français.

Ils n’ont alors accès qu’à un seul type de contenu mal spinné et non pertinent pour l’utilisateur (du fisc) : « La contribution de Google à l’économie française ne se mesure pas forcément uniquement à l’aune de sa contribution fiscale directe, mais également par des investissements forts, et par une stimulation de tout l’écosystème français ».

De son côté le Google Ireland Holdings fait une redirection 301 vers Google Bermuda Unlimited, le véritable money site de la linkwheel. Il a remplacé en 2006 un PMD appelé Google Bermuda Limited qui obligeait à déclarer les comptes financiers, le NDD est encore en pending delete.

C’est tout le réseau qui pourrait tomber. Dans la foulée Google News a été identifié comme une vaste ferme de contenus scrappés et dupliqués.

Sous le soleil des Bermudes, le magot de Black Google serait ainsi compris entre 25 et 34 milliards $.

Don’t be evil… go to Bermuda

Black Hat fiscal de Google

 

Quelques sources ayant servi à ce billet:

 

 

29 thoughts on “Google et sa Linkwheel fiscale, mise à jour du Pagebank

  1. Savoureuse ré-écriture | vulgarisation ! De la bonne stratégie Black Hat comme on l’aime, avec des satellites qui poussent du cashJuice en grattant quelques affil’ au passage sur tous les relay et proxy… Et tout ça au nez et à la barbe des modos…

  2. Ah ces Français… Si seulement vous vous mettiez au boulot plutôt qu’à constamment chercher à voler le revenue des autres…

  3. Une lecture qui me met le sourire aux lèvres de bon matin et le lundi en plus. Un bravo pour cette vulgarisation en langage SEO pleine d’humour et de bonnes idées. Merci Papy !

  4. Vraiment excellent la metaphore du pagebank j’ai cru que c’etait une faute de frappe sur twitter :-) (@simefp) ! Bref la defiscalisation vaut pour tous les grands groupe du CAC 40 mais l’article reste excellent !!!

  5. Comme à ton habitude, Papy, cet article est riche en informations et l’écriture est tellement agréable à la lecture que j’en perd mon latin ! ;-)

    Un grand bravo pour la forme.

    Concernant le fond (ou les fonds de Google), je crois qu’il n’y a nul besoin de démontrer le coté obscur de Google. Les tribunaux s’en chargent allègrement à longueur d’année …

    Mais, je dois dire que c’est très croustillant comme « hot news » de savoir que même le géant GOOGLE peut être inquiété, quelque part ça me rassure.

    Vive le SEO Libre ! =)

  6. BFM a fait un joli démontage du système Apple.
    Ces sociétés sont exposés médiatiquement, mais la vérité est que 100% des multinationales opèrent de la sorte.

  7. Excellente infographie ! Google nous prouve qu’il est innovant à la fois dans le domaine de la recherche, de la hi-tech et du montage financier. Ce qui est désolant, c’est que ce genre de pratique fiscale n’est accessible qu’aux très grosses sociétés. La PME française lambda n’a ni les moyens, ni les compétences pour mettre en place un tel système d’évasion fiscale et paye les impôts à la place de ces très gros comptes.

  8. On vire mon lien :( ? Pas très cool ;) ! Pourtant mes compliments étaient sincères ! Vraiment très bon l’infographie, j’aime bien la petite feuille a coté des netherlands ^^ !
    +1 @LaurentB

  9. Ah non c’est bon je suis en validation auto ^^ ! Merci !
    Bizarre qu’il n’y est pas Hong Kong dans leur linkwheel parceque c’est un joli paradis fiscal !

  10. Merci pour cet énorme délire, ça fait du bien de rire un peu.

    La frise est franchement splendide. En la suivant en détails, on se rend compte qu’il faut faire ce que Black Google dit, pas ce que Black Google fait :).

    De toute façon, les grandes entreprises s’arrangent toujours pour payer le moins possible. Et puis, comme on dit souvent, la justice choppe les petits poissons mais pas les gros qui ont trop d’influence.

  11. Merci pour ce billet qui malgré l’heure tardive m’a donné le sourire.
    C’est étrange tout de même que l’on ne parle pas ici de cette magnifique 301 permettant un exil des serps vers ce beau pays qu’est la Suisse!

  12. Et Malheureusement Google n’est pas le seul a faire cela – Comme le dit Laurent toutes les grosses multinationales (ou presque) ont des systemes plus ou moins similaires pour eviter de payer des impots…

    • Oui le template est cramé ;) Cela étant c’est la faiblesse du système juridique européen qui veut ça. En 2005 G Bush avait exceptionnellement abaissé l’impôt des sociétés sur les bénéfices de 35% à 5% pour rapatrier la monnaie. Du coup cette année là c’est 300 milliards qui sont rentrés en cash. 70% de la trésorerie de ces sociétés dormirait dans des paradis fiscaux. Concernant Google ce qui est ironique c’est que la société pille la ressource nationale tout en se faisant passer pour un « gentil » dévoué à l’utilisateur. C’est juste assez marrant.

  13. Bonjour
    Google accusé de fraude fiscale à grande échelle et qui pourrait se voir réclamer 1.7 milliards d’€. ! ! !
    Incroyable mais brai ;p

  14. Excellent billet, comme a l’habitude papy nous dresse un réquisitoire bien ficelé contre la plus grande agence web du monde ! A l’heure du trafic d’information, c’est l’hopital qui se moque de la charité, comme a l’habitude … Vous connaissez tous plus gros développer de bot du monde (non pas moi voyons) qui interdit aux autres l’automatisation ?

    merci papy, pour ta lucidité ;)

  15. GENIAL ! Tout est bon, le texte, l’écriture, l’infographie !
    Faites ce que je dis mais pas ce que je fais, tel pourrait être le résumé de l’article.
    Mais si ce n’était réservé qu’à Google, j’entendais encore tout à l’heure aux infos que Google, Amazon et Starbuks étaient interrogés sur leur très faible imposition au Royaume Uni.
    Dans tous les cas si il y avait une réelle solution on la connaitrait, non ?

  16. Enorme ! Tout simplement énorme la comparaison.
    Je connaissais déjà un peu la linkwheel de google avec l’Irlande mais avec la métaphore du SEO c’est génial.
    Dédicace à Bercy Fisc Mastertool, il faut aussi taper sur les gros !

  17. J’aime beaucoup ce post, ayant eu l’occasion de travailler sur les Prix de transferts dans une vie précédente avant de démarrer mon site internet de e.commerce, je pense que nos fins limiers du fisc ne sont pas assez nombreux (juste 2-3 brigades) sur le sujet au niveau national, c’est plus simple de vérifier les salariés qui ont peut être grappillés quelques déductions.
    Mais comme toujours c’est moins chaud et moins politique.
    Par contre il y fort à parier que cela se finisse par une transaction record qui sera de toute façon moins cher que si Google avait payé ses impôts.
    Ce n’est pas de la justice fiscale mais tout simplement le travail que l’administration aurait du faire depuis de nombreuses années, tout le monde est au courant.

  18. Article très intéressant, je vous remercie énormément pour ces informations précieuses, l’article est un peu difficile à comprendre mais avec l’infographie ca va mieux.

Comments are closed.