Les nouveaux esclaves de la rédaction web

Écrit par – 21 septembre 2011

Un site c’est avant tout de l’information. Et dans la plupart des cas, c’est des textes. On a largement vanté avec l’arrivée d’internet une révolution équivalente à celle de l’imprimerie, plus profonde encore, puisque chacun est son propre émetteur, sans intermédiaire.

Souvenez-vous cette phrase de Benjamin Bayart : «  L’imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d’écrire »

La désintermédiation de l’écrit devait faciliter les relations directes et d’une certaine façon ajouter de la valeur à la démocratie, concrétisée essentiellement par les échanges d’idées et d’informations. C’est peut-être le cas, peut-être pas.

L’information, une marchandise comme les autres

Sauf que la marchandisation de cette information textuelle constitue un marché. Et que ce marché, sans aucune régulation, fabrique non des hommes libres mais des esclaves, des esclaves de la production d’information. Pas chez nous je vous rassure.

Le développement de sites et le référencement naturel s’appuient principalement sur les contenus. « Content is king… ». Autant pour la valeur de l’information que comme contextualisation d’un lien hypertexte vers un client. « …but human is slave »

La production de ces contenus a un coût, elle prend du temps, du temps de recherche et d’écriture. Alors les marchands de sites internet et les experts en googleries ont eut une idée.

Ouvrir un marché de la rédaction web dans lequel la loi de l’offre et la demande est sans limite, sans borne, sans frein. La règle absolue du moins disant pour faire monter les enchères.

Un vendeur de panneaux solaires dans la Creuse ne sait pas forcément aujourd’hui que ses textes sont rédigés par des haïtiens ou des malgaches à raison de 4 € les 400 mots. 1 centime le mot.

Voilà ce que vaut la plume d’un déplumé de la mondialisation.

Dans des conditions de travail qui correspondent probablement au niveau de PIB, sur des écrans que l’on peut imaginer aussi ergonomiques que confortables, les nouveaux galériens de l’écriture web sont bons marchés.

La bonne conscience

Mais cela ne suffisait pas. Il faut en plus se donner bonne conscience, c’est une obsession du capitaliste occidental face aux anciens colonisés, depuis qu’il faut faire mine d’une « exploitation éthique ». Vous comprenez, ces pauvres gens, ça leur donne du travail, et même si ce n’est pas cher payé, le soir, ils ont à manger…

« C’est pas faut’ moué »

Et bien sur, « l’argument Papon ». Ce n’est pas moi qui commande, je n’établis pas les règles du jeu, je ne fais que ce qui est possible de faire. Homo homini lupus. Si cette exploitation de l’autre est possible et qu’elle me rapporte de l’argent, pourquoi s’en priver, après tout elle n’est pas interdite, elle est même recommandée par mon banquier.

Il faudrait peut-être commencer à se méfier des recommandations des banquiers…

Le meilleur des mondes possible

Cerise sur le gâteau, ce nouveau marché est parfaitement White Hat.  Aucun risque de pénalité par les moteurs de recherches, qui eux-mêmes recourent à la main d’œuvre tiers-mondiste pour leurs basses œuvres. Tout le monde est content, content is king.

Les professionnels du web ont des contenus uniques à des prix dérisoires, les client ont leurs contenus, les lecteurs sont plus ou moins satisfaits, et les nègres miséreux ont leur bol de riz à la fin de la journée.

Wonderfull World non ?

Vivement le prochain tremblement de terre

Au fur et à mesure qu’internet est transformé en Minitel 2.0, en un système centralisé sur quelques serveurs de sociétés privées, dont la seule finalité est la monétisation des échanges, ce libre marché de la rédaction de contenus paraît logique.

Les anciennes colonies francophones les plus pauvres fournissent la matière première de ce supermarché de l’information, littéralement obsédé par l’opération qui consiste à transformer, ou convertir, l’internaute en consommateur.

A 1 centime d’euro le mot, votre ancien esclave vante sans relâche les mérites de l’Iphone 5, du cassoulet toulousain ou des dernières Louboutin.

On attend avec impatience le prochain tremblement de terre ou la prochaine inondation pour faire baisser encore un peu les tarifs. Allons jusqu’au bout. Plus ils sont pauvres, plus ils nous rapportent de l’argent; plus la misère prospère, mieux ma petite entreprise web se porte.

Bravo !

 

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53 Commentaires sur Les nouveaux esclaves de la rédaction web

  1. Beunwa dit :

    Je test ce genre de service depuis quelques semaines et j’avoue que j’ai été bluffé par la qualité de rédaction qu’on peut obtenir a 2cts le mot (pas a 1 cts).
    Je fait un rapide calcul :
    Un rédacteur qui arriverais a écrire 5 textes de 300 mots dans la journée (c’est largement faisable sans y passer tout son temps) gagnerais donc 30€ / jour.
    5 jours par semaine, 4 semaines par mois -> 1200€
    A 2cts le mot on est pas dans l’exploitation il me semble … a 1cts ca commence serieusement a y ressembler.

  2. Papy Spinning dit :

    2 cts ou 1cts c’est le prix d’achat du consommateur à la plateforme. Tu penses qu’elle reverse 100% de ce prix au rédacteur? Je ne suis pas sur que ce marché soit devenu un eldorado à Madagascar… pour les rédacteurs. D’autre part j’aurais pu citer aussi des services comme Mechanical Turk ou des sociétés indiennes pour les réseaux sociaux.

  3. Gwendal dit :

    1ct le mot ? C’est mieux payé qu’un stagiaire !

  4. Gwaradenn dit :

    Pour avoir essayé, je n’ai pas toujours été satisfait, je suis donc revenu à des commandes en France où certes je paye plus cher, mais au moins je sais ce que j’ai.

  5. Beunwa dit :

    J’ai testé textbroker fr et j’ai l’impression qu’ils reversent une très grande partie aux rédacteurs. D’ailleurs ca serait interessant de savoir cela pour chacun des ‘fournisseurs’ de contenus il me semble.

  6. Si c’est pour embaucher un stagiaire pour faire le même taf c’est aussi de l’exploitation non ?

  7. christophe dit :

    Sur le fond, tu as entièrement raison mais quelle alternative proposes-tu quand tout le monde exploite ce genre de sous-traitance ? ok c’est un discours un peu facile mais encore aujourd’hui un client m’a dit que j’étais trop cher pour la rédaction.

  8. EmileOfCorse dit :

    Bah alors chef … on veut changer le monde ? … stopper la course des étoiles ? Pour info pratique sachez que la Terre fonce à environ 30 000 km/h dans sa course autour du soleil… et ca.. tout le monde s’en fou hein :(

    • Papy Spinning dit :

      Le monde change perpétuellement de toute façon, c’est sa raison d’être, tout comme nous. Regarder passer le train, se dire « c’est comme ça », c’est oublier qu’on fait partie de ce monde à mon avis et qu’on change avec lui, ou qu’il change avec nous.

  9. Vince dit :

    J’ai quitté mon ancien employeur en particulier parce qu’il me demandait de « bien les tenir », « mes » malgaches, parce que hein, « ce sont des Africains, tu sais, donc si tu les laisses faire, ils deviennent vite fainéants »…
    Ce type de raisonnements à la papy Roger, il y en aura toujours, mais mis à part cette espèce de « racisme ordinaire » plus bête que ses pieds, il y a un principe : celui de faire le plus de pognon possible en le moins de temps possible.
    Vous voulez un site vitrine ? Il y a WP !
    Vous voulez du contenu ? Il y a le Tiers Monde francophone !
    Vous ne pouvez plus vous payer à bouffer ? Il y a le « hard discount » !
    Vous voulez toujours plus de technologie à la maison (genre Iphone dernière génération avec tout dedans) ? Il y a les extrêmes-orientaux pour la fabriquer !

    Ce raisonnement est, il me semble, général et il se satisfait d’arguments merdiques comme « ce n’est pas de ma faute, c’est la mondialisation » ou pire : « il faut qu’ils mangent, eux aussi » qui fait passer le patron français pour un bienfaiteur de la cause des « pauvres petits malgaches malheureux et qui ne s’en sortirait pas sans nous, même après 50 ans d’indépendance »…
    … comme si le fait de préférer faire travailler des Français serait ringard et mal venu (limite FN quand même, le choix du Français)

    Bref tout cela est hautement politique !! Et hautement philosophique !
    Il est donc bon que nous en discutions, nous les « webworkers »… mais il faut que le débat porte encore plus loin à mon avis : et les gars c’est bientôt 2012 !!!

  10. Samuel dit :

    Bienvenue dans un monde mondialisé. A l’ouest rien de nouveau. A part que si tout le monde peut maintenant écrire, tout le monde peut tenter l’exploitation offshore aussi, un tourisme virtuel d’un genre nouveau?

  11. Ce qui reste le plus dérangeant, ce n’est pas de faire travailler des malgaches ou autres personnes sur de la rédaction, c’est la question du prix : que vaut ce travail, et à quel coût ?
    Le prix payé est-il juste en regard de la prestation ?
    C’est sûr que pour rejoindre pas mal de commentaires, le mieux se serait de la rédaction off shore avec un label « commerce équitable » qui permettrait de s’assurer justement du juste prix de la prestation mais également de la part qui est reversée au collaborateur employé pour la réaliser.
    Mais quid dans ce cas des rédacteurs hexagonaux ? Doivent-ils s’aligner sur ces prix au risque de ne pas pouvoir se payer ? Le débat est loin d’être bouclé…

  12. Le Juge dit :

    Je suis Texan d’adoption maintenant donc … le principe ne me choque plus… Ce n’est effectivement pas pire que d’engager un stagiaire sur qui on va faire reposer le futur d’un site web. Tirer les prix vers le bas nécéssite forcément l’exploitation du plus pauvre. Est ce que le web est le premier a le faire, non , et ce ne sera malheureusement surement pas le dernier

    • Papy Spinning dit :

      La comparaison au pire n’a jamais rien justifié. Sinon elle justifie tout… sauf le pire. Le web n’est qu’un réseau. Je parle des marchands, qui sont bien physiques. L’existence d’un précédent ne justifie pas non plus grand chose. Ce n’est pas parce qu’il y a déjà des vols par le passé que le vol est légalisé. Je ne crois pas qu’utiliser la fatalité comme écran de fumée pour justifier des exploitations abusives parvienne à les effacer.
      Pour le côté US je comprends. Ils ont mis longtemps avant de comprendre l’intérêt d’une sécurité sociale… ;)

  13. patrick dit :

    Le marché de la rédaction web a encore de beaux jours, mais pour combien de temps ?
    les TALN (traitements automatiques du langage naturel) pointent déjà en ligne avec quelques succès, en voici un exemple, et dans combien combien de temps un tool de ce genre, à vendre en ligne, ou la première agence qui débarque en France avec ce service révolutionnaire : Narrative Science – l’intelligence artificielle au service du contenu web

  14. Cuisinier dit :

    C’est ce qu’on appelle la mondialisation, on arrête pas de nous dire que c’est bien, donc je le crois ;)

  15. backlinker dit :

    Il semble clair que le contenu dans un projet devient de nos jours aussi voir plus important en terme budgetaire que du graphisme.

    Il faut laisser un peu de temps pour trouver un « juste-milieux », mais dans tous les cas, Internet apporte pour chaque secteur de nouvelles habitudes.

    Il y a quelques années, l’apparition de « templates premium » tout-fait super pro pour WP, pour la somme de 30$, ont du faire pousser de l’urticaire chez certaines boites se revendicant « webdesigner » (alors que bon, en france, il y a beaucoup de boites faisant du tres mauvais webdesign avouons le).

    Bref, le secteur du web est toujours un secteur en pleine ébullition, et clairement, le but est de savoir montrer sa ‘plu value’ et ses convictions, afin de passer au dessus des vagues « discount » :) .

  16. Ce qui est marrant est que tu sembles découvrir le dumping social et économique, pour rappel la France a fait venir des milliers d’africains dans les années 70 pour faire baisser les salaires des ouvriers.
    Simplement avec internet ce qui change c’est que chacun peut se la jouer comme la France et profiter des anciennes colonies.
    Bienvenue dans le monde réel !
    J’ai lu récemment un livre d’Albert Jacquard où il expliquait que tout habitant du « Nord » comme toi ou moi, consomme 20 fois plus qu’un habitant du sud.
    Il explique aussi que si tout les humains vivaient le même train de vie que nous il faudrait 6 planètes Terre.
    Donc tu vois le problème est beaucoup plus profond, si tu veux être en accord avec ta vision bisounours du Monde, il te faut immédiatement renoncer à ta voiture, ton smartphone, tout le matos qui pompe l’énergie de la planète et rejoindre un village de « décroissants » …
    Sinon tu n’es pas crédible !
    Après je veux bien croire que l’exploitation de l’homme par l’homme te parle plus quand ça peut impacter ton travail qui consiste à créer du contenu, mais vraiment il faudrait que tu écoutes les infos plus souvent j’ai l’impression …

    • Papy Spinning dit :

      Ce n’est pas une découverte, sous-estimer son interlocuteur ne grandit pas le débat. Pour mémoire, au cas où tu ne le saurais pas, (tu vois ce que ça fait? ;) , il y a des lois, des règles, des traités, etc. Et je ne suis pas sur que la lecture de quelques ouvrages de vulgarisation grand public à la sauce Jacquard aident à sa compréhension, l’exemple est ici manifeste.

      Car l’amalgame qui suit mélange tout et n’importe quoi au point de me laisser espérer une tentative de troll plutôt qu’une remarque sérieuse. L’idée que seul serait crédible celui qui taille des silex pour s’exprimer sur certaines dérives commerciales est ce qu’elle est. Cela n’appelle aucun commentaire.

      On peut considérer également que toute tentative de faire avancer le droit international du travail et les problématiques de revenus par habitant est une vaste niaiserie, aussi vaine qu’inutile. Nous ça va, que ceux qui ne sont pas « nous » crèvent, ils sont faits pour ça. Notez l’ironie qu’il y a en France à défendre le postulat du darwinisme social, avec sa sécu et tout ce qu’il y a avec.

      Pour se mettre au niveau de la conclusion « il faudrait que tu écoutes les infos plus souvent », j’ai souvenir que dans la cour d’école on rétorquait « c’est çui qui dit qui l’est », ça devrait suffire en l’espèce.

  17. Samuel dit :

    Oui désolé d’avoir été aussi expéditif et simpliste, le fait est que je te rejoins sur le fond évidemment, mais enfin, ça me semble vraiment être une utopie de vouloir régulariser les pratiques des gens sur internet en général… Et en particulier quand il s’agit d’un business
    Je ne te reproche pas de t’indigner, mais plutôt d’en faire un article qui veut être pris au sérieux, car tu veux quoi comme débat?
    Tu veux que l’on remette en cause la politique capitaliste qui régit le monde?
    Tu veux que l’on dise que l’on achètera du contenu uniquement si l’auteur vit au dessus du seuil de pauvreté?

    • Papy Spinning dit :

      L’article on s’en fout, c’est le sujet qui compte et ne recherche pas un débat en particulier. Et déjà sous plusieurs formes, nous parlons, débattons et échangeons des idées. Une agora microscopique et éphémère qui sort du non dit et du silence un sujet qui n’a pas à y rester. Ca ne prétend rien, on cause. Tout part toujours de là.
      Pas besoin d’être excessif avec le capitalisme, les banquiers le sont pour nous. Problème après problème, c’est bien assez, « problème global, solution locale ».
      Je relève juste que ceux qui paient ce genre de prestations, prétendent à juste titre vouloir vivre décemment de leur travail. Pourquoi serait-ce différent pour leurs prestataires?

    • Vince dit :

      @Sam : Tu dis « : Je ne te reproche pas de t’indigner, mais plutôt d’en faire un article qui veut être pris au sérieux, car tu veux quoi comme débat? Tu veux que l’on remette en cause la politique capitaliste qui régit le monde? »
      En quelque sorte, l’intérêt d’être des « citoyens » c’est effectivement de remettre en question, de s’interroger ensemble sur les choix de société à faire pour le pays dans lequel on vit ! Il n’y a rien d’inextricable en ce monde, tout bouge parce que NOUS le faisons bouger ! Sinon les Africains dont tu parles seraient encore esclaves, les femmes ne voteraient pas…

      • Samuel dit :

        Certes, certes, enfin je pense qu’il y a plus urgent à faire, ceux qui sont à même de postuler pour ce service sont souvent des étudiants dans leur pays, donc ont largement plus de chances de s’en sortir que les enfants qui meurent de faim ou se font violer dans la région des grands lacs en Afrique…

  18. Sarah dit :

    Moi j’écris sur Wordissimo. Il y a des niveaux et mon expérience professionnelle (Je travaille dans la prod et la com) m’a élevée au niveau pro, ce qui fait que mes articles sont vendus 6€ les 100 mots, mais beaucoup de commandes sont à 3€ les 100 mots…

    En tout cas c’est bien et ils entretiennent bien la relation avec les rédacteurs.

  19. Christophe dit :

    Salut Papy,

    je vais présentement te faire un com. hors sujet.
    Je ne connais pas ton âge, je cumule personnellement un certain nombre d’années moi aussi.

    Même si j’ai 10/10 à chaque oeil, mes longues heures de veille commencent à peser sur mon acuité.
    Mon temps de veille augmente, alors que ma vie reste rythmée par notre calendrier Julien : nous ne disposons donc que de 24 heures.

    Fort de se constat, de la qualité de tes articles mais aussi de la thématique de ton blog, je te propose de m’aider à mieux te lire (quel culot, non mais…) en modifiant ta feuille de style style.css à la ligne 41 avec le code suivant par exemple :

    body {
    background: none repeat scroll 0 0 #FFFFFF;
    font: 0.75em 1em/1.3em "lucida grande","liberation sans",verdana,arial,helvetica,sans-serif;
    margin: 0;
    padding: 0.6em 1em 1em;
    text-align: center;
    }

    Comme tu l’auras compris, tu passerais donc d’une font-size de 0.75em à une font-size de 1em avec un interlignage de 1.3em.
    Ca me plait beaucoup comme ça :)

    Sincèrement
    Christophe

  20. ou partir dit :

    Avez vous des exemples d’articles outsourcer ? Quelle est la qualité ? Devez vous corriger les fautes, reformuler des passages ? De mon côté, je suis contre ce principe car j’ai peur du DC. Pour améliorer leur taux de rentabilité, ils peuvent ressortir un article d’un autre client en le modifiant légèrement …

  21. Je suis passé à cotés de ce chef d’oeuvre. Bravo ! J’aimerai bien connaitre l’avis de pagetronic sur la question :o )

  22. PlanRencontre dit :

    Je crois que tu apporte effectivement la réponse : l’éthique personnelle.

    rien ne nous oblige à acheter des article à ce prix – on peut très bien payer plus (et au passage avoir une meilleure qualité). Je pense qu’aucun malgache ne refusera une augmentation…

    Il faut ‘juste’ réussir à trouver ces rédacteurs sans passer par des intermédiaires soucieux de développer une offre la plus large possible au plus petit prix. Cane doit pas être facile mais ca doit quand même être possible.

    Ca ne changera pas le monde en un jours, mais ca sera une goutte de plus dans le vase du changement.

    Un autre piste serait peut-être d’aller expliquer aux rédacteurs comment faire des sites et gagner de l’argent avec… Ils savent déjà produire la matière première pourquoi ne pas leur apprendre à y ajouter de la valeur ? A 1ct du mot, ils devraient déjà gagner autant avec des MFA mal torchés, non ?

  23. marciv dit :

    Salut papy !!!

    Je réagis un peu tard et ma contribution risque de ne pas te plaire ^^.
    Beaucoup de personnes qui s’indignent de telle pratiquent ne comprennent pas grand chose à l’économie.
    Loin de moi l’idée de dire qu’une personne n’a pas le droit de donner son avis, mais quand même, l’économie c’est compliqué et les jugements à l’emporte pièce sur le fonctionnement du commerce international ne reflète pas du tout la réalité.
    La vérité est que si tu regardes l’évolution de l’économie mondial ces dernières décennies, l’ouverture à la concurrence vers des marchés a bas coût à profité à plein à ces marchés émergeants.
    La Chine, mais avant le Japon ont profité de cette sous-traitance avant de pouvoir augmenter la qualité de leur produits et de mieux vivre.
    Pourquoi crois-tu que c’est le monde occidental qui est aujourd’hui en crise ?
    Pourquoi crois tu que ce sont aujourd’hui le partie socialiste qui défend le plus le libre échange (sisi je t’assure) entre le Nord et le Sud.
    Voir ce lien très instructif : http://www.youtube.com/watch?v=wiaakIoG2Qc&feature=player_embedded
    En fait ton raisonnement oublie la dynamique dans l’économie, avant de vouloir être bien payé, il faut développer du savoir-faire et savoir l’insérer dans le flux économique.
    De plus, du point de vue du sous-traitant ce travail peut être vital et une très bonne chose pour sa survie personnelle.
    Les dindons de la farces sont les employés occidentaux peu ou pas qualifiés qui vont progressivement s’aligner sur les standards des pays émergeants.
    Les Etats-Unis l’ont bien compris et vont utiliser l’arme atomique qu’est leur monnaie pour lutter contre leur appauvrissement.

    • Papy Spinning dit :

      Au contraire ça me plait, c’est étayé, c’est un point de vue.
      A partir effectivement des gens « qui progressivement s’aligner sur les standards des pays émergeant » on peut conclure à un vaste nivellement par le bas.
      Mais personne en peut appeler ça un progrès dans ce cas là et le capitalisme qui était vendu au peuples il y a 50 ans devait justement faire l’inverse.
      Je suis donc étonné de ce que d’aucun se réjouisse d’une économie dans laquelle les salaires des plus pauvres sont pris pour norme, horizon et objectif.
      Moi j’appelle ça une défaite, mais bon…

      • marciv dit :

        En effet, pour les pays développés ce n’est pas vraiment une victoire !
        Mais pour les pays emergeants si. C’est juste en cela que je souhaitai intervenir.

        Il faut noter aussi que le processus a été exactement le même pour la finance.
        Se sont encore les socialistes qui ont ouvert les frontières du capital, ce qui je peux te l’assurer faisait bien rire tout le monde sur les bancs de la fac ^^

        Pierre Bérégovoy Mai 1988 – mai 1991 : ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le gouvernement Michel Rocard. Converti à l’économie de marché, Pierre Bérégovoy s’attache à stabiliser le franc (« politique du franc fort »), afin de faire baisser l’inflation, ainsi qu’à libéraliser les marchés financiers et à moderniser la Bourse. Cette politique lui vaut une réputation de gestionnaire compétent auprès des milieux d’affaires.

        Désolé pour le duplicate ^^

  24. Excellent article. Ca me rappelle aussi qu’il ne faut pas trop que je me fasse d’illusions sur l’avenir.

    Cependant (j’ai pas lu tous les commentaires donc j’ignore si ça a été mentionné), j’aimerais connaître votre point de vue plus global sur la mondialisation. A savoir si c’est plutôt : « C’est cool d’avoir pris le pétrole et l’uranium de nos colonies, maintenant s’ils pouvaient ne pas émigrer ce serait encore mieux », ou un point de vue véritablement cohérent avec ce que dénonce votre article.

    Bravo pour ce que vous faites, je viens de découvrir et vos publications sont très intéressantes. (tite brosse à reluire en prime !)

  25. marciv dit :

    @Aurélien Blériot
    un conseil évitez les lectures dogmatique de l’histoire. La cliométrie qui est l’étude de l’histoire par l’économie montre clairement que les colonies Française ont couté plus à la France qu’elles lui ont rapporté.
    C’est difficile à croire mais c’est comme ça mais pour autant cela ne justifie en rien la colonisation.
    La colonisation à débuté il faut le rappeller sans poussée par un courant idéologique de gauche : les saint simonien.
    regardez ce lien aurélien, il est très instructif http://www.algeria-watch.org/fr/article/hist/colonialisme/saint_simoniens.htm de ce qu’en pense les algériens eux-mêmes.
    Enfin pour finir sachez aurélien que contrairement à la soupe que l’on nous sert
    Boualem Sansal (haut fonctionnaire alégérien) attribue à Ferhat Abbas (ancien membre du FLN) cette citation  » la nation algérienne est née avec la colonisation  » et à Mohamed Harbi(ancien membre fondateur du FLN)  » en vérité, notre modernité a commencé avec la colonisation  » (p. 52). Autre passage croustillant de son ouvrage :
    Sur la repentance de l’ancien colonisateur, l’auteur a son idée  » grisés par leurs succès, les pickpockets et leurs caïds lorgnent sur le colonisateur d’hier. Ils ont un plan, il est simple : aider la France à culpabiliser, exiger sa repentance, puis lui offrir l’absolution en échange de quelques châteaux sur la Loire.
    Grâce à vous leurs vœux se réaliseront bientôt !

    • Redacteur Web dit :

      Le problème n’est pas de savoir combien les colonies ont « couté » à la France mais ce qu’elles ont rapportées à certains tristes personnages.

      Que l’état français ait acculturé, pillé, torturé est un fait que nulle compensation financière ne saurait excuser.

  26. Bonsoir Papy Spinning,

    Au fil des commentaires se dessine peut-être la solution : l’éthique (et balayer devant sa porte), éduquer les nouveaux esclaves de la rédaction web afin qu’ils éditent leurs propres sites MFA ou autre, changer les CSS (ah non hors-sujet…)

    Le problème est amha bien plus grave dans nos pays riches : pertes de certaines réalités, court-circuit des quelques neurones qui nous restent de par les interruptions de plus en plus acceptées voire recherchées des signaux sociaux et autres « outils de communication », etc

    Ce qui nous arrive est la conséquence de ce gavage omniprésent, et à tous les niveaux, dont on veut nous faire croire qu’il génère des revenus (la technologie fait travailler des gens – lire Jaques Ellul -, internet créée de l’emploi, trouvez-vous une niche et devenez entrepreneur…)

    My 2 euroscents ;-)

  27. Redacteur Web dit :

    Il n’est pas utile d’aller bien loin pour dénicher de telles pratiques. Certaines place de marché bien françaises affichent un florilège d’appels d’offre réclamant de tels budgets à des prestataires bien métropolitains prêts à se faire payer 3€ de l’heure pour y recevoir une évaluation. J’y ai vomi des « projets » de « porteurs de projets » très bien notés qui exigeait moins d’un demi centime du mot.

    C’est la mode. C’est mondial. C’est « normal ». Nique ton prochain. Profond. Sans scrupules. But ultime ? Le pognon. Pognon extorqué que tu iras claquer dans le dernier joujou « high-tech » dont tu as tout sauf besoin mais qui ne manquera pas de polluer un peu plus ta planète et, si possible, ton rapport aux autres.

    Toujours plus vite, toujours plus bas.

    Pauvre société malade de son rapport au fric et de l’avidité d’une poignée de salopards dont l’unique héritage sera la normalisation de cette forme d’esclavagisme.

    Rassurez vous, tout va pour le mieux, le cartel de GS reprend les choses en main et va bientôt nous livrer les clefs du bonheur : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/14/goldman-sachs-le-trait-d-union-entre-mario-draghi-mario-monti-et-lucas-papademos_1603675_3214.html#ens_id=1603680

    Merci Papy pour cet article et ce point de vue. Cela se fait rare.

  28. nova media dit :

    Je trouve que cet article est interessant et il est vrai que les tarifs sont a 2.5 euros l’article. Je pense que ce n’est pas mal puisque cela permet a des gens plus démunis de s’en sortir un peu mieux et pour le monde du web pouvoir encore faire des marges de plus en plus faible… le métier s’automatise, tout part en offshore. dans le web d’ici 5 ans, il ne restera que les commerciaux et les clients, les techniciens seront en général a 5 000 km et auront des salaires de 250 € mois

  29. Seo Vietnam dit :

    Merci d’avoir introduit cet aspect éthique qui est souvent oublié dans la mondialisation du SEO. Avec la possibilité d’employer des auteurs du monde entier, l’offre immense qui en résulte a effectivement tiré les prix vers le bas.
    Je pense que cela affecte beaucoup les rédacteurs devant payer leurs loyers en euros qui eux, ne peuvent vivre de 600 EUR/mois, alors qu’on rédacteur malgache (pour rester dans votre exemple), peut certainement vivre mieux avec ces revenus là.
    Il faut donc faire valoir la qualité de sa rédaction et son expérience comme le dit Sarah via des plateformes auxquelles s’adressent des personnes cherchant de la qualité et qui sont prêtes à mettre le prix. Les clients seront moins nombreux mais au moins, cela est possible pour un français comme pour un malgache s’il est vraiment bon. A priori, cette possibilité est ouverte à tous, mais il est vrai qu’un CV bâti en Europe donne plus de poids qu’un CV à l’étranger, donc il sera bcp plus difficile pour un étranger de se positionner comme ecrivain++ à 6 EUR les 100 mots. Mais pas impossible s’il persiste, souvent au prix de travailler pas cher au départ et capitaliser sur le feedback de ses client, une situation commune pour les auteurs européens débutants.
    Ceci dit, tout le monde cherche à payer le moins cher possible donc en effet, on abuse des petites mains qui mériteraient d’être payé plus que 2cts le mot, on revient à une espèce de colonialisme d’antan que tu fais bien de mentionner: tu es asiatique, africain, donc tu dois forcémment être payé au ras des paquerettes, après tout, tu ne peux faire aussi bien qu’un gars de chez nous..
    Nous avons cette situation tous les jours via les personnes qui nous retrouvent en tappant sur Google: « SEO Vietnam ». Avoir recours à un SEO lointain est quasi-systématiquement une démarche de chercher un bas prix pour un travail sans valeur ajoutée, de la simple exécution manuelle à bas prix. Faut dire que 98% des SEOs exotiques ont tout fait pour mériter cela..
    Aië, je dirais que je tourne en rond…

  30. Ger78 dit :

    bonjour,
    c´est vraiment un interessant sujet que vous avez lancé là… et à peine polémique. ;-)
    Concernant mon cas, j´utilise les services d´un éditeur de textes qui « emploie » en freelance des auteurs… je suis parfaitement conscient que les personnes qui proposent leurs services peuvent être à l´autre bout du monde, mais il y en a aussi qui se trouvent en France!
    Le salaire versé étant le même au redacteur vivant en France ou ailleurs, il sera d´autant plus valorisable dans ce ailleurs que chez nous! Un salaire qui est somme toute correct, au vu du temps et de la qualité demandée.
    Après s´il faut payer un Français ou un autre… ça reste une question de « préférence nationale », sujet qui ne trouve pas de résonnance chez moi.

  31. Annuaire dit :

    Une fiscalité française inadaptée, même intra-europe, nous n’avons pas la même tva.
    Compétition, marge et productivité = mondialisation.
    Donnez du travail ou travailler avec des français ou non, n’est pas le probleme, les conditions pour moi : Oui.
    Age légal du travail dans le textile ???
    16 ans ( tu vas me dire on exploite malheureusement des gosses, du même age en France, les recalés de l’éducation nationale en apprentissage )

  32. Nicolas dit :

    « Pas chez nous je vous rassure. »

    Tu parles comme Louis le Onzième.

    C’est où, « chez nous » ?

  33. Nicolas dit :

    « Votre commentaire est en attente de modération »

    Oh oui, de la modération ! Surtout pas d’idées fortes, ça peut faire si mal !

  34. Nicolas dit :

    Et que vive la censure !

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