Vers une théorie générale des Golem, généalogie

Descendre, encore et toujours, de la surface aux entrailles, trajet inverse de la Caverne. Derrière la face visible de la Raison et la mise en scène de la Science, demeurent l’image, la représentation et le symbole.  Avant d’envisager une théorie générale des Golem, voici quelques éléments d’introduction à la généalogie mythologique du cyborg et de son intelligence artificielle.

La théorie de la connaissance est un mythe instituant un classement des savoirs qui exprime un récit particulier. Ainsi séparons-nous technique et esthétique, mathématique et mythe, raison et pulsion, imaginaire et langage. L’enquête de Borges, de John Wilkins à Paul Otlet (inventeur du web en 1934), fait un point quasi définitif sur cette question1)Jorge Luis Borges, Enquêtes, 1957.

Partons d’un langage simple par économie d’efforts inutiles. Imaginer : « former dans son esprit, concevoir l’existence de quelque chose ». Imaginaire : « simulé », comme si, réalité apparente. L’imagination, la « folle du logis » (Malebranche), « maîtresse d’erreur et de fausseté » (Pascal) et se pose la question psychiatrique du bonheur par la rationalité.

Faisons encore plus simple : « L’imaginaire n’est pas un simple reflet du réel. […] Ce que nous appelons réalité et rationalité en sont des œuvres » (Cornelius Castoriadis)2)Cornelius Castoriadis, ,L’institution imaginaire de la société, 1975.

Il n’y a que par la fiction juridique que l’on peut traiter la monnaie, l’Homme et la terre comme des marchandises par exemple3)Karl Polanyi, La Grande Transformation, 1944. Un type de fiction particulier a émergé à la Renaissance : « représentation fidèle de la réalité »4)Alain Supiot, La gouvernance par les nombres, 2015. Valable en peinture comme en compatibilité (« représentation fidèle de l’état d’une entreprise »). Dürer ne s’en prend pas moins à une représentation comptable de la réalité (représentation mathématisée ou numérisée). Autrement dit une numérisation (pré informatique cela va de soi).

Albrecht Dürer - Perspectographe - 1538

Albrecht Dürer – Perspectographe – 1538

Le cyborg et l’intelligence artificielle

Terme inventé dans les années 60 par Manfred Clynes et Nathan Kline. Repris dans les années 80 par Donna Haraway 5)Donna Haraway, Manifeste Cyborg et autres essais. Sciences, fictions, féminismes.

Le cyborg est un organisme cybernétique, hybride de machine et de vivant, créature de la réalité sociale comme personnage de roman. La réalité sociale est le vécu des relations, notre construction politique la plus importante, une fiction qui change le monde.

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Invention de la cybernétique

1948 par Norbert Wiener, comme science systémique de l’information et philosophie politique : Cybernétique et société – L’usage humain des êtres humains. Au fondement de la psychologie comportementaliste 6)Inventée au début du 20ème s. par Watson avant qu’il ne devienne publicitaire, de la théorie néolibérale (Friedrich Hayek et Milton Friedman) et de l’informatique en réseau, autrement dit la dernière mondialisation en vigueur. Programme mondial de « conduite des conduites » dégagé de la contrainte politique.

23 septembre 1966, Interview par Der Spiegel de Martin Heidegger :

  • SPIEGEL: Et qu’est-ce qui prend la place de la philosophie aujourd’hui?
  • HEIDEGGER: La cybernétique.

Norbert Wiener appelle les ordinateurs des Golem (God & Golem). A l’instar du premier ordinateur israélien appelé « Golem de Rehovot ». Cette machine arrivée en France est nommée en 1955 « ordinateur » en référence explicite au 7ème sacrement chrétien (Ordination).

Du robot au cyborg

1920, Karel Capek (R.U.R Rossum’s Universal Robots) « comédie utopique ». L’auteur invente le terme « robot ». Robota « corvée », rob « esclave », en tchèque. Robotnik en russe désigne l’ouvrier. Temps de la pièce :

  1. Création du robot (ni sensibilité ni sentiment)
  2. Ensuite dotés d’une intelligence et d’une sensibilité
  3. Révolte et anéantissement de l’humanité.

capek_rur-1921Le robot est une rencontre entre le Golem et l’automate. Automate qui chez Descartes reste un « mouvement sans participation de la volonté ». C’est pourquoi la question de l’autonomie et de l’automatique demeure philosophiquement béante. La question fut soulevée par Aristote : « L’esclave est un instrument animé et l’instrument un esclave inanimé ».

Ce qui justifie le malthusianisme au 19ème s. (inspirant la théorie évolutionniste de Darwin puis Spencer) et par conséquent l’eugénisme contemporain (de la question nazie jusqu’à Google et le transhumanisme). L’animal machine de Descartes 7)René Descartes, Discours de la méthode, lettres au marquis de Newcastle et Morus, le déisme mécaniste de Voltaire, le chien qui grince quand il aboie de Malebranche, etc. jusqu’à l’Homme Machine de De la Metrie en 1748.

Et puis la méthode quantitative de Quesnay 1694-1774, création de l’Homme moyen et invention de la statistique, « science de l’Etat » jusqu’au bertillonage pour l’identification judiciaire et la création de l’anthropologie pour justifier scientifiquement  l’inégalité des races (craniométrie en tête).

De l’automate au robot

Ce serait très long ici. Partons du métier à tisser de Jacquard à Lyon qui a joué un rôle dans la révolte des Canus en 1831 (remplacement de la force de travail humaine par des machines).

Longue antériorité de l’imaginaire du tissage et de la machine. Descartes, Règle 10 (1684); « il faut approfondir les arts les moins importants et les plus simples, ceux surtout où l’ordre règne davantage, comme sont ceux des artisans qui font de la toile et des tapis, ou ceux de femmes qui brodent ou font de la dentelle, ainsi que toutes les combinaisons de nombres et toutes les opérations qui se rapportent à l’arithmétique, et autres choses semblables »8)René Descartes, Règles pour la direction de l’esprit, 1684.

Jusqu’à Aristote encore : « Si les navettes tissaient d’elles-mêmes et les plectres jouaient tout seul de la cithare, alors les ingénieurs n’auraient pas besoin d’exécutants ni les maîtres d’esclaves ».

Lequel métier à tisser permettra ensuite la première machine analytique de Charles Babagge et ce qui fut considéré comme le premier code informatique par Lady Ada Lovelace, fille de Lord Byron.

Golem, sens et représentation

Mythologie juive, Golem = « embryon », « informe » ou « inachevé ». Livre des Psaumes 139 :16 (Sefer Tehhillim) « Galmi tes yeux ont vu ». Golem n’est pas moins le Leviathan de Thomas Hobbes en 1651 que le Frankenstein de Mary Schelley en 1818. En 1886 Auguste de Villiers de l’Isle-Adam dans l’Eve Future invente le terme « androïde » ainsi que le genre de la science-fiction.

Le Golem de Jean Duvivier en 1936 relève du Golem de Prague. Norbert Wiener, dans « Quelques points de collision entre cybernétique et religion » (1963) écrit : « la machine (…) est l’homologue moderne du Golem du rabbin de Prague ». Autrement dit de la légende du Maharal de Prague au 16ème s. Mais pourquoi ce siècle ?

Suite à la découverte de l’Amérique en 1492 le premier traité international inaugurant la mondialisation date de 1493 avec la bulle papale d’Alexandre VI. En 1519 les espagnols débarquent au Mexique. Les juifs d’Espagne sont expulsés et persécutés dans toute l’Europe, les guerres de religions éclatent suite au succès de la Réforme luthérienne. Et c’est aussi la première industrialisation de l’esclavage humain avec les premiers esclaves noirs d’Amérique. C’est également la montée de l’incroyance et le début de la lutte rationaliste contre les religions monothéistes avant bien sur que le scientisme n’absorbe les fonctions religieuses. Le déchirement monothéiste permettra sa sécularisation dans une nouvelle forme d’institution : l’Etat (moderne). Un Golem rendu possible par le traité de Gratien en 1140, fusionnant l’institution chrétienne et le droit romain.

A charge pour cette forme d’institution qu’est l’Etat (et la Science qui le fonde) d’accomplir le dessein biblique. Apocalypse 12 :10. « Maintenant le salut est arrivé, et la puissance, et le règne de notre Dieu… ». Genèse 1 :28 « Dieu les bénit et leur dit: «Reproduisez-vous, devenez nombreux, remplissez la terre et soumettez-la! Dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel et sur tout animal qui se déplace sur la terre !»

Le projet cartésien de l’Homme « comme maître et possesseur de la Nature » naitra de l’Apocalypse. Et retournera à l’Apocalypse d’ailleurs. Mais entre-temps, il faut attendre la période industrielle et son corolaire biopolitique. Marcelin Berthelot annone en 1905 cette sécularisation de l’imaginaire théologique en pointant que la Science « réclame aujourd’hui à la fois la direction matérielle et la direction morale de la société ».

Généalogie du Golem

Le Golem est une fiction de l’Homme, autrement dit une création de l’Homme. De même que l’Homme s’écrit comme créature de Dieu dans la Génèse :

  • Génèse 2 :7 « L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla un souffle de vie et l’homme devint un être vivant ».
  • Génèse 1 :27 « Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu ».

Au 8ème s. après JC, Ovide, dans ses Métamorphoses, fait de Pygmalion et Galatée une variante prométhéenne. Le sculpteur tombera amoureux de sa statue d’ivoire avant que Vénus ne lui insuffle la vie (« animer »). De même que le Golem est une variante prométhéenne. D’où l’importance du titre complet « Frankenstein ou le Prométhée moderne ».

Les Travaux et les Jours, Hésiode, fin du 8ème s. avant JC. Zeus chasse les hommes de l’Olympe. Il leur cache alors trois choses :

  • Le blé, qui engendre la nécessité du travail et met fin à l’oisiveté originelle.
  • Le feu, qui implique par la cuisson l’invention de la technique
  • L’immortalité, qui rend nécessaire la procréation et de fait l’invention de la femme

Alors Zeus fait inventer la femme. Elle est façonnée par Héphaïstos à partir de la glaise, puis rendue animée (âme) par trois déesses, Artémis, Athéna et Hestia. Et enfin elle est envoyée à Epiméthée (le frère de Prométhée) sur Terre.

Babylonie, 18ème ou 17ème avant JC. Dans l’Epopée de Gilgamesh Enkidu est créé à partir de la glaise par la déesse Aruru. Enkidu est seul et ne parlant pas, vit comme une bête sauvage. Arrive la courtisane Shamat qui en parlant à Enkidu le fait entrer dans la société des Hommes.

Science, technique et imaginaire

D’Enkidu à l’imaginaire de l’intelligence artificielle, persiste un schéma commun, une trame narrative du récit humain. Gunther Anders y a vu une honte. « La honte qui s’empare de l’homme devant l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même fabriquées. Si j’essaie d’approfondir cette « honte prométhéenne », il me semble que son objet fondamental, l’opprobre fondamental » qui donne à l’homme la honte de lui-même, c’est son origine. Il a honte d’être devenu plutôt que d’avoir été fabriqué. Il a honte de devoir son existence – à la différence des produits qui, eux, sont irréprochables parce qu’ils ont été calculés dans les moindres détails – au processus aveugle, non calculé et ancestral de la procréation et de la naissance »9)Gunther Anders, L’obsolescence de l’homme, 1958.

Il faut encore revenir à Prométhée et de quoi les hommes ont-ils été déchus par les dieux. Souvenons-nous que Zeus a privé les hommes de leur immortalité, ce que ces derniers tentent, frénétiquement, de recouvrer aujourd’hui avec les biotechnologies annonçant « la mort de la mort » (la « vieillesse » est déjà une pathologie dans le DSM-5 comme « trouble cognitif mineur »).

Mais c’est valable également pour le besoin de travailler, qui serait aboli par le travail des créatures artificielles permettant le retour à une oisiveté originelle. Les NBIC (Nanotechnologies – Biotechnologie – Information – Cognition) portent aujourd’hui la prophétie d’un retour au stade olympien de l’homme, grâce à la manipulation des gènes, des atomes, des neurones et des bits d’informations. Sur ce point citons Vance Packard dans « L’Homme Remodelé » de 1978 à propos de Skinner : « De ce que l’homme peut faire de l’homme, nous n’avons encore rien vu ».

C’est pourquoi les créatures artificielles d’aujourd’hui indiquent une généalogie mythologique, car la raison qui doit justifier tout, ne peut se justifier elle-même par ses propres moyens. Si l’on accorde à George Gusdorf dans Mythe et Métaphysique que le milieu de l’homme n’est pas naturel mais culturel, alors les structures maîtresses de la réalité humaine sont les mythes. Avec toutes leurs conséquences. « Mais l’intelligibilité rationnelle explicite se réfère à l’intelligibilité implicite des stratifications mythiques données dans le paysage culturel ». Ce qui conduit, pour comprendre la technique et la science, à une « Anthropologie des structures imaginaires » pour reprendre le titre de l’ouvrage de Gilbert Durand.

Dans « Introduction à l’analyse de quelques phénomènes religieux » en 1909, Henri Hubert et Marcel Mauss l’expriment clairement : « Si les dieux chacun à leur tour sortent du temple et deviennent profanes nous voyons par contre des choses humaines, mais sociales, la patrie, la propriété, le travail, la personne humaine y entrer l’une après l’autre ».

C’est ainsi la notion d’imperium (puissance de la multitude) de Spinoza qui vient en aide à l’analyse d’Emile Durkheim dans « Les formes élémentaires de la vie religieuse » en 1925. « Il s’en faut que les concepts, même quand ils sont construits suivant toutes les règles de la science, tirent uniquement leur autorité de la valeur objective (…). Si aujourd’hui, il suffit en général qu’ils portent l’estampille de la science pour rencontrer une sorte de crédit privilégié, c’est que nous avons foi dans la science. Mais cette foi ne diffère pas essentiellement de la foi religieuse (…). Tout, dans la vie sociale, la science elle-même, repose sur l’opinion. C’est de l’opinion qu’elle tient la force nécessaire pour agir sur l’opinion ».

Or le mythe technoscientifique des créatures artificielles, parce qu’il se réfère à une structure mythique, n’a jamais chassé l’angoisse, mais produit le tragique. Alors on reliera Gilbert Simondon (Du mode d’existence des objets techniques – 1958) : « Le désir de puissance consacre la machine comme moyen de suprématie, et fait d’elle le filtre moderne. L’homme qui veut dominer ses semblables suscite la machine androïde. Il abdique alors devant elle et lui délègue son humanité. Il cherche à construire la machine à penser, rêvant de pouvoir construire la machine à vouloir, la machine à vivre, pour rester derrière elle sans angoisse, libéré de tout danger, exempt de tout sentiment de faiblesse, et triomphant médiatement par ce qu’il a inventé. Or dans ce cas, la machine devenue selon l’imagination ce double de l’homme qu’est le robot, dépourvu d’intériorité, représente de façon bien évidente et inévitable un être purement mythique et imaginaire ».

Ontologie et dualismes

Anthropogénèse et dualisme âme-corps, deux temps de la création de l’homme. Penser le cyborg a amené certains philosophes comme Thierry Hoquet à tenter d’éclater les dualismes. Ainsi écrit-il dans Cyborg Philosophie « Mais Cyborg est aussi – et surtout – une figure philosophique. Cet hybride d’organisme et de machine bouleverse en effet les dichotomies fondamentales de notre pensée : nature/artifice, humain/non-humain, nature/culture, masculin/féminin, normal/pathologique, etc ». Pour autant on pourrait rappeler l’observation de Claude Lévi Strauss sur les dualités : « l’opposition, au lieu d’être un obstacle à l’intégration, sert plutôt à la produire ».

Pour Donna Haraway, « Le cyborg est une sorte de moi post-moderne individuel et collectif, désassemblé, réassemblé. A la fin du XXème siècle, en cette époque mythique qui est la nôtre, nous sommes tous des chimères, hybrides de machines et d’organismes théorisés puis fabriqués : en un mot, des cyborg. Le cyborg est un condensé d’imagination et de réalité matérielle, deux centres matériels dont l’union structure toute possibilité de transformation historique ».

Pour Norbert Wiener, « Les organismes biologiques sont devenus des systèmes biotiques, des dispositifs de communication comme les autres. Il n’y a pas de séparation fondamentale, ontologique, dans notre connaissance formelle de la machine et de l’organisme, du technique et de l’organique ». « La société doit être elle-même étudiée comme un processus de traitement de l’information ». « La société ne peut être comprise qu’à travers une étude des messages et des moyens de communication qui lui sont propres ». Fin de l’intériorité, début du structuralisme.

A lire Gilbert Simondon encore : « La machine est l’étrangère ; c’est l’étrangère en laquelle est enfermé l’humain méconnu, matérialisé, asservi, mais restant pourtant de l’humain ». La machine est une représentation, une histoire. Michel Faucheux (Eléments de fantastique technologique): « Le récit est ce qui fait advenir la technique ». « Le récit traduit une aptitude de l’être humain à raconter des histoires qui simulent et modélisent à l’infini les possibilités de l’objet ou de l’action pour mieux lui donner forme et signification ».

Et il faut bien repasser par la Théorie de la connaissance. Classements et catégories.

«  L’homme sait qu’il y a dans l’âme des nuances plus déconcertantes, plus innombrables, et plus anonymes que les couleurs d’une forêt automnale. Et pourtant il croit que ces nuances, et toutes les façons dont elles se fondent et se métamorphosent les unes dans les autres, peuvent être représentées avec précision par un mécanisme arbitraire de grognements et de glapissements. Il croit que de l’intérieur d’un agent de change sortent réellement des bruits qui suggèrent tous les mystères de la mémoire et toutes les agonies du désir ».

Par extension la théorie des Golem. Choses que nous engendrons collectivement et qui nous dépassent en se retournant contre nous, dans lesquelles nous plaçons et notre Salut et notre angoisse, là où se fabrique le rapport entre l’altérité et l’identité.

Notes   [ + ]

1. Jorge Luis Borges, Enquêtes, 1957
2. Cornelius Castoriadis, ,L’institution imaginaire de la société, 1975
3. Karl Polanyi, La Grande Transformation, 1944
4. Alain Supiot, La gouvernance par les nombres, 2015
5. Donna Haraway, Manifeste Cyborg et autres essais. Sciences, fictions, féminismes
6. Inventée au début du 20ème s. par Watson avant qu’il ne devienne publicitaire
7. René Descartes, Discours de la méthode, lettres au marquis de Newcastle et Morus
8. René Descartes, Règles pour la direction de l’esprit, 1684
9. Gunther Anders, L’obsolescence de l’homme, 1958