Google et le SEO pour ma grand-mère

« Bonjour chère grand-mère. Maintenant que tu es geek avec ta page Facebook nous allons passer aux choses sérieuses. A savoir les bases du fonctionnement de Google. Oui je sais. Depuis que je t’ai dit mon métier, tu as lu tout un tas de choses passionnantes sur le web, écrites par autant d’experts que d’éminences SEO. Aussi ont-ils raison, cela va de soi, mais je vais ajouter mon grain de sel… ou de sable, ça dépend ».

Du chaos web au cosmos Google

Au commencement le web est un chaos. Une boue primitive d’informations indifférenciées. On ne trouve rien, ou tout, c’est pareil ; « everything is everything ». Puis vint le Dieu Google. Il commença par avaler le web, par faire une copie de tous les documents html qu’il trouvait. Il organise, classe, crée de l’ordre, bref, il construit un « cosmos ».

Au commencement donc, Google se constitue comme une « réplique », imparfaite, infidèle, mais avec l’intention de l’être. L’infra monde du web lui resterait fermé, le deep web étant par nature coupé des liens, hypertextes. Le Dieu Google se présenta ensuite à la société des Hommes. Il leur dit qu’ils étaient misérables et perdus.

Qu’ils produisaient sans cesse plus d’informations sans être capables ni de les retrouver, ni de faire la différence entre ce qui est important ou inutile. Il leur dit que lui savait, qu’il était doté de ce pouvoir de leur faire distinguer la pertinence et de leur montrer la bonne direction et la juste information.

Le pouvoir suprême sur l’information binaire

Les Hommes n’en demandaient pas tant ; c’était gratuit. Cependant toute religion a ses mystères. Celle de Google est fondée sur un Code originel et tenu secret : le pouvoir de rendre l’information utile. Rappelle-toi chère grand-mère, ce qu’est l’information numérique. Peu importe que l’on parle de texte, d’image, de musique, de vidéo, c’est la même chose, une succession de chiffres.

Le « paquet » d’information transporté dans les tuyaux se rapporte à des 1 ou des 0. Le bit est un chiffre binaire et lui seul constitue la quantité d’information élémentaire. Comme un tirage à pile ou face si tu veux. Un événement ayant une chance sur deux de se produire constitue un bit d’information.

Pour que Google fonctionne et renvoie une information utile, il faut donc qu’elle soit binaire et relève d’une logique binaire. C’est un monde chiffré et défini de manière absolue, exprimé uniquement par des entiers. L’état complexe entre 1 et 0 n’existe pas. Il n’y a rien entre le « oui » et le « non ».

(Je sais grand-mère, la vie est incroyablement plus complexe, mais le numérique n’est pas la vie).

L’obligation de faire des choix

Une page de résultats de recherche est la conséquence d’un calcul qui a amené à un choix entre deux options, 1 ou 0, oui ou non. La machine fait ce choix à la place de l’être humain, c’est plus économique. Pour faire ce choix, la machine suit des instructions, toujours les mêmes, introduites par les programmeurs. Ses algorithmes représentent des « arbres de décisions ».

Le travail sera de tenter de percevoir le choix du programmeur qui fait décider plutôt 1, ou plutôt 0. Le travail du programmeur de Google sera de t’empêcher de percevoir ses choix. Tu verras grand-mère, c’est un jeu rigolo. Car au fond, le programmeur n’a pas une infinité de choix. Rappelle-toi, il peut empiler autant de critères qu’il veut, c’est toujours dans une logique binaire.

Probabilités, la part du risque

Nous évoluons dans un monde fermé. Ce monde fermé est celui de la théorie des graphes. Il calcule des probabilités. En l’occurrence, la probabilité qu’un internaute arrive sur une page web en surfant au hasard. Et pour ce faire, il compte, évalue et pondère autant les mots qu’il stocke que les liens hypertextes qui conduisent à ces mots.

Élément en notre faveur, Google est plus dirigé par ses actionnaires que par ses programmeurs, Wall Street oblige. De plus, il est obligé d’investir partout, le web n’étant pas une fin en soi mais une étape planifiée.

Il faut donc assumer la part d’incertitude. Celle d’un système probabiliste. Ta position dans un résultat de recherche ne reflète qu’un état. Le SEO n’a pas de résultats déterminés à l’avance. Le travail accompli n’exprimera qu’une probabilité comme une autre. Il exprimera des possibilités, qu’il faut accepter de ne pas voir arriver (le moins possible je te l’accorde).

 

 

2 réflexions au sujet de « Google et le SEO pour ma grand-mère »

  1. Avec toutes ces probabilités, on peut donc se référer à Socrate qui disait quelque chose comme « ce dont je suis sur c’est que je ne suis sur de rien »…

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