Google Launchpad Bordeaux dans les pas de Montaigne

Google a jeté son dévolu sur les provinces françaises. Avec la novlangue qui les caractérise, les missionnaires ont investi Bordeaux avec leur « launchpad » et leurs « mentors » pour « booster » « l’éco-système des start-up » locales. C’est « numérique »… alors on ne dit pas « conseil en développement d’entreprise », et surtout on sourit tout le temps en levant les bras en l’air à coups de « #Big Up » pour dire que la vie c’est génial.

C’était même « vu à la télé » où l’on écoutait la bonne parole du mentor à mèche :

« Les fondateurs ont eu la chance de bénéficier de ce milieu, ils savent ce que cela apporte; et maintenant ils ont la volonté de répliquer ce modèle et de le répliquer partout dans le monde ».

La réplication totale du « modèle » Google ?

Quel est ce modèle qu’il faudrait répliquer « partout dans le monde » ? On ne saura pas. Est-ce celui de l’évasion fiscale comme modèle économique pour dissimuler des milliards de dollars aux Bermudes ? [Don’t be evil… go to Bermuda] Est-ce le modèle de la surveillance globale et du profilage comportemental ? Ou bien est-ce celui de la coopération dynamique avec les services d’espionnage du gouvernement américain ?

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On ne sait pas quel est ce modèle ni d’ailleurs quel est « ce milieu ». Il y a peu un journaliste affirmait que les fondateurs de Google avaient été financés par la CIA pour lancer leur projet [How the CIA made Google @NafeezAhmed]. La DGSE subventionnerait une entreprise de streaming musical… Si si, c’est le mentor qui l’a dit !

Cette opération de communication (ou propagande mais le mot n’est pas « fun ») a parfaitement fonctionné. Et comme la dernière fois où l’Etat a demandé à Google de rembourser le milliard d’euros qu’il devait au peuple français, ce dernier pourra encore répondre qu’il aide l’économie numérique. Et que cela suffit bien. Et il démontrera encore, s’il en était besoin, comment le marché s’est affranchi des lois nationales. Pas rancuniers, les bordelais ne tarirent pas d’éloges et de remerciements. Sur Twitter le hashtag #lpbdx s’est affiché environ 839 fois et dans 43% des cas le terme Google apparaissait.

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Alors merci aux humanistes de Google d’aider, conseiller et soutenir les entreprises françaises et ici bordelaises. On pourra même modifier l’adage latin…

Algorithmo sum, et humani nihil a me alienum puto.