Google Maps: les geeks français moutonnent, il faut compter sur le suisses

Les technophiles français urinent de bonheur. Ils ne célèbrent pas les 8,8 milliards d’euros que Google a transféré aux Bermudes en 2012. De cela ils ne parlent guère. Non, ce qui les renverse c’est la nouvelle version de Google Map qui permet d’ajouter ou modifier un itinéraire.

Pour vous cela n’est pas grand-chose, pour un geek c’est un évènement. En témoigne un certain Nicolas Catard sur Begeek [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็]. (Oui dans cet article j’offre des hypertextes en thaïlandais, ça change).

Pour lui la vie est simple : « Google a ajouté un peu de Google Now dans Maps. Si vous avez réservé un billet d’avion ou une table de restaurant en utilisant votre compte Gmail et lorsque vous cherchez l’itinéraire pour vous y rendre, Maps vous indiquera l’heure de départ de votre avion ou votre table de restaurant. Pas mal du tout ! ».

Ainsi vont les louanges et les exclamations dans les pure player. Dans le Journal du Geek  [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็], aucun problème détecté. Pas plus que pour ZDN  [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็] et ou Gizmodo  [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็] à qui cela semble plaire, tant mieux. Pour finir tout va bien aussi dans PC Impact  [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็] et Fredzone  [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็] qui bêlent à l’unisson de leurs petits camarades. Même son de cloche bien sur 01Net  [ส็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็็], il ne fallait pas rêver.

En France tout va bien, Google est merveilleux. Il faut aller Suisse pour lire une réaction « adulte » à l’annonce de Google Maps, vers la Tribune de Genève qui titre « Google Maps s’intéresse de près à vos données personnelles ».

Effectivement, la personnalisation des données cartographiques passe par un data mining intrusif comme la lecture des courriers électroniques. C’est déjà le cas pour pousser la publicité, et cela dit dénoncé aux USA mais Google est passé en force. La seule information vraiment valable de l’annonce de Google est son extension du profilage.

Toujours raccord avec Google Maps, on pourra citer l’artiste canadien Jon Rafman, qui a collecté sur  Street View des photos qui méritent l’attention. On les trouve sur son site 9 Eyes (en référence aux caméras à neufs objectifs utilisées par Google).

En voici une bien sentie pour la circonstance de ce post…

 

3 réflexions au sujet de « Google Maps: les geeks français moutonnent, il faut compter sur le suisses »

  1. Pour une vision romancée de ce vers quoi tend le profilage Google, je vous conseille « The Circle » de Dave Eggers. Ca vient de sortir, donc pas encore traduit.

    Traduction amateur d’un petit extrait paru dans Times : « Il n’y avait plus de mots de passe, plus d’identités multiples. Vos appareils savaient qui vous étiez, et votre identité propre – Le VraiVous, indéformable et non dissimulable – est la personne qui paye, qui s’inscrit, qui répond, qui lit et qui commente, qui voit et qui est vue.
    Vous deviez utiliser votre vrai nom, et c’était lié à vos cartes de crédit, à votre banque, et de la sorte payer pour quoi que ce soit était simple.
    Un bouton pour le reste de votre vie en ligne. »

    A mettre en regard de Soljenitsyne « Notre liberté se bâtit sur ce qu’autrui ignore de nos existences. « 

  2. L’évolution même du mot « geek » révèle l’évolution des mentalités et des comportements.

    Jadis, oh… une quinzaine d’années, pas plus, un geek désignait un gugusse bizarre qui bidouillait des machines et des lignes de code pour faire de choses absconses qui n’intéressaient finalement que les gugusses étranges de son espèces. Ils n’avaient pas trop l’envie de se montrer, et pour cause, ils étaient moqués.
    Aujourd’hui le terme a évolué, un geek ça semble plutôt désigner quelqu’un qui achète du matériel technologique, un abruti qui fait la queue pendant deux jours avec sa chaise pliante pour être dans les trois premiers à acheter un itruc, quelqu’un prêt à acheté n’importe quoi à n’importe quel prix pour peu qu’on trouve une étiquette « nouveau » sur le carton, un super-consommateur en fait. Peu importe qu’il ne comprenne rien aux différentes couches de protocoles réseau, au fonctionnement d’un serveur Apache, à la structure d’un simple document XML, lui, il veut être vu, et c’est même pour ça qu’il fait la queue, qu’il est prêt à payer des sommes déraisonnables, qu’il est prêt à céder toutes les données concernant sa vie privée. Il veut être vu, il veut se voir, et c’est presque tout ce qui importe.
    Google, et les autres le savent, et ils soignent leurs « geeks » pendant qu’ils les tondent, tranquillement.

  3. Quand je vois la croissance exponentielle de ceux qui ont un cordon ombilical qui les relie à leur smartphone, et pour qui souvent la réflexion sur la liberté / le flicage se résume à « qu’est ce que ça peut faire, je n’ai rien à me reprocher », je suis bien pessimiste quant à voir des limites s’imposer à Google dans un futur proche.

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